Cet article est avant tout une pensée et une réflexion qui ne se veulent pas une critique négative.

Mais plutôt un constat des choses actuelles.

J’aime beaucoup Balzac, car ses livres m’ont permis de mieux cerner la vie au 19ᵉ siècle.

Bien sûr, je pourrais citer d’autres auteurs qui ont aussi marqué le 19ᵉ siècle comme George Sand, une féministe avant l’heure au 19ᵉ siècle, ou encore Gustave Flaubert dont Madame Bovary a été très mal jugée, mais qui en apprend beaucoup sur la société du 19ᵉ siècle.

Je parle de ces auteurs, car je pense que nos auteurs contemporains vont laisser des traces pour le futur. Et on lira dans les livres d’histoire comment était la vie au 21ᵉ siècle.

Pour le moment, c’est nous qui vivons cette époque et j’ai constaté quelque chose depuis l’apparition de deux choses :

  • Les smartphones.
  • Les réseaux sociaux.

Les deux conjugués ont créé quelque chose : le fait de bloquer ou de ghoster quelqu’un.

Cela apparaît anodin, mais je me souviens que du temps où le téléphone était un appareil collé au mur et sans fonction répondeur, cette fonction n’existait pas du tout.

J’ai grandi sans Internet et sans téléphone portable.

J’en ai vu l’apparition et je pense que mon âge avancé (même si certains me disent que 46 ans c’est jeune) me permet de voir les changements dans le monde qui apparaissent anodins pour nombre d’entre nous.

Par le passé, à moins de déménager loin et de changer de numéro de téléphone, bloquer quelqu’un n’était pas dans les mœurs et bien difficile à faire.

Aujourd’hui, un clic de doigt ou de souris permet de le faire.

Sauf que même si notre cortex cérébral s’adapte aux évolutions technologiques, notre cerveau limbique et tronc cérébral (appelé parfois le cerveau reptilien) ne s’y adaptent pas.

Donc, pour faire simple : une simple incompréhension ou dispute conduit maintenant à bloquer la personne avec qui on a eu un conflit et à la rendre totalement invisible alors que deux minutes plus tôt, elle faisait encore partie de son cercle d’amis ou était un membre de sa famille.

Je ne dis pas que la fonction de bloquer, que ce soit sur le téléphone ou les réseaux sociaux, soit mauvaise en soi.

Je pense notamment aux prédateurs (de quelque forme que ce soit) dont les victimes peuvent s’en protéger.

Mais, cette fonction a créé une vague où de nombreuses personnes se sentent totalement rejetées et c’est aux jeunes pas encore armés que je pense.

Sauf que, comme dit plus haut, le cerveau limbique, appelé le cerveau émotionnel, fonctionne de la même manière au 21ᵉ siècle que du temps de la préhistoire.

Du temps où les hommes vivaient dans les cavernes.

Et à cette époque-là, rejeter quelqu’un de la tribu était un signe de mort pour la personne rejetée puisque les hommes survivaient dans la nature en formant des groupes ou des tribus.

Donc, la personne rejetée ne survivait pas longtemps seule dans la nature sans la protection et le soutien de la tribu.

Rejeter quelqu’un était une sentence finale et c’est la raison pour laquelle, lorsque l’on vous rejette ou vous abandonne, vous le vivez comme la mort.

Ce n’est pas le cerveau rationnel qui le juge ainsi.

C’est le cerveau émotionnel qui l’identifie de la sorte.

Même si nos technologies évoluent rapidement, certains de nos besoins humains restent profondément ancrés : le besoin d’appartenance, de reconnaissance et de lien social.

Le rejet peut être vécu comme une menace émotionnelle, car les relations avec les autres occupent une place essentielle dans notre équilibre psychologique. Les réseaux sociaux ne créent pas nécessairement cette souffrance, mais ils peuvent lui donner une forme nouvelle, plus brutale et parfois plus difficile à comprendre.

Venons en au 20ème siècle puisque je suis née en 1980 et que j’ai encore de bons souvenirs de mon enfance et adolescence.

Le rejet existait et notamment à l’école. Mais, par le passé, on essayait de résoudre les conflits au lieu de couper net toute relation.

Si les tentatives de résolution ne fonctionnaient pas, alors vient le divorce dans le cas du mariage ou une discussion avec la personne à qui l’on dit clairement que l’on ne veut plus continuer cette amitié.

Puis, Facebook est apparu plus ou moins en même temps que les smartphones.

Avec la fonction d’un clic : je rejette définitivement la personne en la bloquant.

Que ce soit sur les réseaux sociaux ou le téléphone.

Cette fonction, même si elle est pratique dans des situations citées plus haut, est devenue presque une mode alors que derrière, cela réveille quelque chose de très profond chez la personne bloquée de part la structure du cerveau émotionnel et de notre code génétique issu de notre histoire commune.

Alors, je comprends fort bien quand j’entends au journal télévisé ou à la radio qu’un jeune s’est suicidé à cause des réseaux sociaux.

Je ne dis pas que c’est juste à cause de cela, car souvent le jeune a vécu du harcèlement à l’école qui continuait le soir chez lui avec les réseaux sociaux.

Mais, bloquer ou ghoster quelqu’un pour un truc qui aurait pu être discuté va plus loin pour la personne qui le vit.

J’ai connu le rejet à l’école et donc, je suis vraiment heureuse d’avoir pu aller à l’école du temps où les réseaux sociaux n’existaient pas.

À ce stade de l’article, je vous avoue que c’est mon cerveau limbique qui parle davantage que mon cortex cérébral.

Mais, ce qui fait de nous des mammifères est justement notre cerveau émotionnel.

La réflexion de cet article est qu’une fonction qui est trop souvent utilisée crée un phénomène qui n’existait pas encore il y a 25 ans.

J’ai observé cela en regardant une émission sur MTV où des personnes qui ont été ghostées étaient aidées à retrouver la personne qui les avait rejetées juste pour comprendre pourquoi.

Une émission dans le même style que Catfish.

Un jour, un jeune vivant à New York avait rencontré une fille. Il essayait de se lancer dans une carrière d’humoriste dans les petits cafés de New York.

Tout se passait bien jusqu’au jour où il a été bloqué partout et où la fille a disparu complètement de sa vie.

Elle l’avait ghosté et il ne savait absolument pas pourquoi.

Avec l’aide des animateurs de cette émission, il a réussi à retrouver cette fille juste pour comprendre son geste : pourquoi est-ce qu’il a été bloqué et rejeté sans le moindre mot ?

Cette fille lui a expliqué qu’elle avait assisté à l’un de ses spectacles et elle a été dégoûté de la manière dont il parlait de leur relation.

Du coup, elle l’a ghosté.

C’est tout.

Il lui avait involontairement fait du mal, mais ça, il ne le savait pas.

Avec mon âge actuel et avec mes souvenirs d’antan, je me dis que par le passé, il y aurait eu discussion, disputes ou que sais-je… Mais aujourd’hui, si quelqu’un n’est pas le symbole de la relation parfaite que l’on se fait, un simple clic de doigt ou de souris met à mort la relation et la personne en question sur le plan émotionnel.

Je ne sais pas comment conclure cet article : je pense simplement qu’aujourd’hui, nous sommes 8 milliards d’êtres humains et pourtant, le sentiment de solitude n’a jamais été aussi élevé qu’à cette époque-ci.

Je ne parle pas que de mon cas ou de quelques cas isolés.

Car, si on en vient à créer une émission qui tourne autour du « j’ai été bloqué et je ne sais pas pourquoi », c’est que le phénomène est loin d’être un petit phénomène à l’heure actuelle.

Je garde une note d’espoir : les générations futures vont apprendre de nos erreurs actuelles et je pense que l’humanité changera encore une fois ses comportements.

Parce que s’il y a bien une chose que j’observe chez l’humain : c’est la résilience.

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