Aujourd’hui, je suis de nouveau en sevrage de la cocaïne. J’ai hésité avant d’écrire cette phrase. Pourtant, si mon expérience peut aider une seule personne à croire qu’il est possible de s’en sortir, alors cela vaut la peine de la partager

Cependant, je pense que donner des outils et partager que l’on peut arrêter la drogue, même une drogue aussi dure que la cocaïne, pourra en aider certains. Les visiteurs qui finissent sur ce site et qui ont eux-mêmes un problème de drogue ou quelqu’un qu’ils connaissent.

Ici, il n’est pas question de se plaindre. Simplement de partager avec honnêteté.

La cocaïne perturbe profondément le fonctionnement du circuit de la récompense et du système dopaminergique, ce qui contribue à rendre l’arrêt particulièrement difficile. Mais, quand on est dépendant, c’est une fuite de la vie et des problèmes parce que c’est le propre d’une dépendancce : la fuite et la recherche de plaisir.

Il n’y a pas que la recherche de plaisir. Comme dit, les drogues flinguent le fonctionnement du cerveau et dans le cas de la cocaïne, le circuit de la récompense est hacké. Rendant l’arrêt difficile, mais pas impossible.

J’ai écouté un podcast qui s’appelle La liberté en douze étapes. L’invité du podcast expliquait qu’il y a un symptôme physique que l’on constate chez le dépendant : quand une personne dépendante consomme de la drogue ou de l’alcool, physiquement parlant, elle n’a pas de sensation de satiété. A la place, elle ressent le besoin physique d’en reprendre encore. Comme pour remplir un trou sans fond.

Et quand j’ai écouté cela, j’ai réalisé que je me battais contre un symptôme physique que je ne peux pas contrôler : celui d’avoir encore envie de cocaïne sans jamais m’en sentir satisfaite.

Cela a été un déclic. Comme si vous étiez allergique aux cacahuètes et que vous compreniez que dès que vous mangez une cacahuète, vous alliez être malade. Alors, la guérison ou le rétablissement consiste à ne pas consommer quelque chose qui n’est pas supporté ne fut-ce que physiquement.

En gros, je suis allergique aux drogues. J’ai compris que, pour moi, dès que je recommence à consommer, il devient extrêmement difficile de m’arrêter. Parce que c’est physique. Au-delà de ma propre volonté.

Bien sûr, je ne dis pas ça pour me déresponsabiliser de mes anciens comportements de toxicomane. Mais pour réaliser que rester abstinente de coke est simplement la solution.

La solution pour vivre une vie qui vaut la peine d’être vécue.

Pour l’instant, ça se passe bien même si certains moments sont difficiles à traverser. Il y a deux jours, j’ai eu grave envie de consommer.

Les solutions qui me sont apparues étaient :

  • Téléphoner à une personne abstinente pour être soutenue.
  • M’évader mentalement en écoutant une chanson qui me fait vibrer.
  • Sortir et marcher pour évacuer le stress ressentie à cause du craving.
  • Reporter le passage d’aller consommer à une heure plus tard et faire quelque chose.

Du coup, lorsque la vague de craving est passée, j’étais toujours abstinente et je redevenais heureuse de l’être.

Ecouter de la musique, parler et marcher m’ont aidé. Bien entendu, c’est un jour à la fois et je confie le futur à une puissance supérieure à moi-même. Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Cependant, tous les matins lorsque j’ouvre les yeux, je décide de ne pas consommer juste pour aujourd’hui.

Parce que demain est un jour qui n’est pas dans mon pouvoir. Mon pouvoir est dans l’instant présent.

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *