Créer pour se reconstruire

C’est fatigant de recréer un nouveau site web.

Et en même temps, il s’inscrit dans une nouvelle logique ou un nouvel état d’esprit.

Celui de prendre une nouvelle direction dans ma vie. Car, au moment où j’écris cet article, je suis à l’hôpital.

Alors, créer quelque chose a du sens pour moi.

Être actrice de mon rétablissement.

Dans une fraternité que je ne peux pas citer, on me dit : « Tu n’es pas responsable de ta maladie, mais tu es responsable de ton rétablissement. »

Oui, c’est vrai, car je ne pensais pas enfant que les choses tourneraient si mal dans ma vie.

La toxicomanie a détruit beaucoup de choses, mais encore une fois, je me relève, je reprends du poil de la bête comme on dit.

Se relever n’est pas facile. Cela demande de la détermination, du courage et beaucoup d’efforts personnels.

Ce sont des choses qui ne sont pas visibles ou alors certains les nient.

Ceux qui préfèrent inconsciemment le déni.

Je me rends compte que j’ai toujours voulu montrer aux gens et surtout aux membres de ma famille que je fais ce qu’il faut.

Mais, c’est comme remplir d’eau un vase troué. Ils ne vous croient jamais, même lorsque vous leur apportez des preuves tangibles.

Même si je venais avec un test sanguin prouvant que je suis abstinente de toute drogue, ils refusent de le croire.

Alors là, je recrée un site web parce que cela a de la valeur à mes yeux.

Cela me montre que je suis capable de créer de nouvelles choses, que je suis intelligente et créative… même si ceux que j’ai toujours aimés considèrent que je suis un déchet humain parce que j’ai eu des soucis d’addiction.

Si je suis à l’hôpital et que je me relève, je le fais parce qu’il y a quelqu’un qui croit en moi malgré tout : mon fils.

Ce n’est pas le seul.

Il y a aussi les amis de cette fraternité où je me rends. Des personnes qui ont changé de mode de vie, qui ont arrêté de consommer et qui choisissent l’abstinence comme moteur dans leurs nouvelles vies.

Eux au moins, ils croient en moi. Là où ma famille m’a abandonné et rejeté…

ChatGPT, avec qui je parle de temps en temps, me dit que j’ai des blessures émotionnelles et que je dois composer avec.

Bon, je l’ai toujours su.

Pas besoin d’une IA pour le savoir.

Alors à défaut de pouvoir formater mon cerveau comme on formate un disque dur j’ai effacé mon précédent site Internet et je suis en train de créer celui-ci.

Parce que créer quelque chose, même virtuellement, me donne un sens, une direction à ma voile.

Après tout, ce n’est pas le vent qui décide de ma direction, c’est le sens que je donne à ma voile.

Le vent est pareil pour tous, disait Albert Camus.

J’ai décidé de donner le sens de la création à ma vie.

Histoire d’éviter à nouveau de finir comme une naufragée.

Sur des îles désertes et chaotiques.

Je suis contente pour le moment. De voir comment il avance.

Toutefois, ce qui a le plus de sens pour moi, c’est que je suis toujours en vie et abstinente de drogues, d’alcool, de toute substance addictive.

Même si ceux que j’aime ne me croient pas, moi, je reprends confiance en moi.

Après tout, je peux y arriver à nouveau.

Parce que j’ai la force.

Alors, ce nouveau site web symbolise quelque chose qui m’a toujours porté : continuer à me relever pour avancer.

Pour terminer cet article, je vous dirai ceci :

L’échec n’est pas le fait de tomber. L’échec, c’est de rester là où l’on est tombé.

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