La dictature du bonheur

Oui, c’est devenu une vraie dictature cette prétendue course au bonheur constant.

À me pencher sur les neurosciences pour mieux comprendre le fascinant cerveau de Sapiens, j’ai appris que le cerveau n’est pas programmé à la base pour que l’on soit heureux.

Non.

Il est programmé pour assurer notre survie.

Celle du corps, la sienne, notre être.

Nous quoi !

Alors, je me penche sur le système de pensée actuel, moi qui vois Internet et les réseaux sociaux envahis depuis un certain temps de milliers d’informations sur le bonheur et comment y accéder, la loi d’attraction qui nous promet réussite et succès dans tous les domaines de notre vie, la spiritualité New Age dans laquelle je baigne sans m’en rendre compte… Mais est-ce qu’une goutte d’eau a conscience qu’elle baigne dans l’eau ?

Dans l’océan ?

Dans une marée ou une rivière ?

Ils parlent de synchronicité dans le New Age et c’est sur cette idée que, lorsque j’ai vu des recommandations YouTube sur les dangers du New Age, je me suis dit que la synchronicité était certainement à l’œuvre pour mon bien.

N’est-ce pas l’un des fondements du New Age ?

J’ai remis en question Sapiens avec ma lecture de Sapiens, une brève histoire de l’humanité, dans un article précédent.

Je vais plus loin : je remets en question ma propre façon de penser et, sans le vouloir, aussi celles des autres.

On appelle cela de la métacognition.

Pour remettre en question tout le système de pensées du New Age, je vous recommande la chaîne YouTube « Méta de choc ».

Je n’adhère pas à tout ce qui est dit tout en reconnaissant que certains podcasts m’ont beaucoup éclairée.

Cependant, il semblerait que mes commentaires, pas toujours d’accord avec ce qui a été dit semblent être lus par l’autrice de cette chaîne.

Au-delà de ces commentaires, ce genre de chaîne a mis en évidence ce que je constate depuis un certain moment : nous vivons dans la dictature du bonheur.

Je suis heureuse !

J’expose ma joie de vivre sur les réseaux sociaux.

Je souris à mon voisin même si c’est un vrai enfoiré.

J’excuse cette caissière maussade et lance une petite phrase… Vous savez, celle qui dit que tout va bien ? Prenez soin de vous.

Le bonheur est comme un jardin, c’est à nous de le cultiver.

Et j’en passe… tandis que la réalité me rattrape farouchement lorsque je suis seule, loin des écrans.

Mon corps hurle.

Mon cœur saigne.

Mon cerveau explose.

Il y a des douleurs là.

Des souffrances.

Des non-dits parce que dans le silence des autres, je lis un « Sois heureuse et tais-toi ! ».

Parfois, il suffit d’une maladie qui vous tombe dessus pour comprendre que cette loi de l’attraction est du pipeau.

Et même si on n’y adhère pas complètement, les autres si.

Alors ils vous jugent de manière négative, ils vous disent que vous les polluez, ils vous ignorent, ils vous bloquent comme ils le peuvent.

Vous souffrez et donc, vous êtes un élément négatif à éviter pour leur quête de bonheur perpétuel.

Ils ne s’en portent pas plus mal puisque vous êtes juste un algorithme informatique qui publie ses joies et ses bonheurs et non un être humain derrière un écran.

Sans rancune.

Sans haine non plus.

Juste un constat de cet océan dans lequel je baigne depuis un certain temps.

Je me demande juste si c’est l’océan Pacifique ou Atlantique ?

Là, mon but n’est pas de vous exposer toute ma façon de penser.

Uniquement de vous proposer de remettre en question votre propre manière de penser.

Si vous le souhaitez.

Ce n’est qu’une suggestion.

Avec la question suivante : et si cette recherche perpétuelle du bonheur n’était pas en réalité un nouveau gros danger de notre pensée cognitive ?

Risquant de nous rendre encore plus malheureux puisque seul dans un monde où la souffrance n’a plus de place ?

Est-ce que ce système me soutient, m’unit aux autres ou m’en éloigne ?

Beaucoup de questions.

Peu importe les réponses, le principal est de faire la paix là où il n’y a jamais eu réellement de guerre.

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